Au quotidien, nous faisons des choix. Ils sont plus ou moins bons selon leur importance. L'être humain prendra la décision qui lui semble la plus réaliste, la plus facile ou encore celle qui lui permet de se rassurer. Nous sommes tous plus ou moins apeurés par l'idée du changement. Que ce soit en matière de choix de vie ou de choix de bière (à différents niveaux d'importance bien entendu), il faut parfois oser sortir de sa zone de confort pour faire les plus belles découvertes.
Dans cet article, je te propose une petite mise au point pour que tu ne commandes plus la même chose au bar 🙂

Instinctivement, nous cherchons à rester dans notre zone de confort au quotidien. Elle est connue de notre cerveau et nous permet de nous sentir apaisé, de garder le contrôle sur notre vie et d’éviter de nous exposer à des aventures risquées. Cette zone que nous avons crée, formatée à notre image et qui nous rassure est comme une prison de notre esprit.

On construit tous les jours notre zone de confort. Dans notre travail, en répétant des tâches quotidiennes, mais aussi dans notre vie en allant faire nos courses au même endroit “parce que c’est plus simple” ou en achetant toujours les mêmes choses.

Il faut parfois sortir de ces limites définies par nos soins pour découvrir de nouvelles choses, se surpasserC’est ce que j’ai fait en quittant mon travail et en créant ce blog autour de la bière artisanale. Si certaines personnes ne se seraient pas dépassées, les grandes avancées humaines ne seraient pas ce qu’elles sont aujourd’hui. Tu dois avoir dans ta main un smartphone, si Steve Jobs n’avait pas eu cette idée folle, on serait encore au 3310. 

En matière de bière, c’est la même chose. Se cantonner à un style, à une brasserie, ne va pas permettre d’améliorer tes connaissances en matière de biérologie. Il faut oser, tester, se tromper et recommencer pour que notre palais se fasse et que nos papilles se développent.

"Je suis plutôt blonde !" : décupler ses sens

On a tous entendu un jour un ami, une personne dans un bar ou encore soi-même prononcer ces mots. Mais pourquoi se focalise-t-on sur un style sans arriver à en sortir ?

Le style à la mode est l’IPA (India Pale Ale). C’est une bière houblonnée qui a vu le jour avec les Colombs britanniques en Inde et qui a été remise au goût du jour par les américains. Aujourd’hui, ce style est incontournable et pas un bar à bière ne propose d’IPA à la pression. J’ai dans mon entourage certaines personnes qui ne jurent que par ce style et qui ne commandent que ça en soirée. Pour autant, la bière ne s’arrête pas à un style.

Se faire plaisir en dégustant sa bière

Comme je l’ai évoqué dernièrement dans mon article pour aider les personnes qui n’aiment pas la bière à découvrir le style qui leur correspond (si tu ne l’as pas lu c’est par ici), la bière est la boisson avec le plus de variantes possible. Les goûts peuvent être très variés pour un même style (IPA, Porter …). Tout va dépendre des ingrédients ou de la méthode de brassage employée.

Chaque bière que tu vas tester va te faire découvrir de nouvelles odeurs, des saveurs qui font faire danser tes papilles. Tu vas surtout avoir de nouvelles sensations. Une bière lorsque tu la bois, elle se vit. Il faut prendre le temps de l’apprécier, de la découvrir. C’est comme lors d’un rendez-vous galant, le jeu de la séduction se fait progressivement. Tu fais monter la température pour que ton corps soit complètement réceptif à ce qui va se passer. Tu peux y aller comme un bourrin, mais ça passe ou ça casse 😉 

La bière c’est la même chose. Tu dois la déguster pour en apprécier toutes les saveurs. Elle se dévoile gorgée après gorgée. Cela va te permettre de découvrir toutes les subtilités de la bière et te faire plaisir. En prenant le temps, tu vas développer tes papilles, accroître tes connaissances en biérologie.

Le cerveau notre deuxième nez

Les experts en bières ayant de la bouteille peuvent décrire une bière rien qu’avec leur mémoire. Ils se souviennent du goût et possiblement des sensations perçues. Notre cerveau possède la capacité d’enregistrer un grand nombre d’informations et de les retranscrire selon notre besoin.

Si nous reprenons l’exemple de l’IPA, on sait que le style va apporter une amertume en bouche et qu’elle va se caractériser par des saveurs d’agrumes, de pamplemousse ou encore de fruits de la passion. Tu le sais parce que tu en as déjà goûté une ou parce qu’on te l’a dit.

Ces souvenirs sont appelés mémoire olfactive (mémoire du nez). C’est elle qui va te permettre d’identifier rien qu’à l’odeur une bière ou encore un plat. Comme les papilles, elle se travaille et cela demande du temps pour identifier en un clin d’oeil la bière dégustée. Il faut donc tester, se tromper et recommencer à nouveau,. Je te propose donc un petit entrainement.

Petit exercice : test à l’aveugle

Demande à ton conjoint, ta conjointe, un ami de te choisir une bière de son choix parmi celle que tu as, sans te la montrer, te la servir directement dans un verre et te la donner à déguster.

En ne voyant pas l’étiquette, cela ne formate pas ton cerveau à attendre des saveurs. Tu vas laisser tes papilles, ton nez travailler. Une fois que tu auras senti, goûté, ressenti, tu pourras laisser exprimer ton cerveau et faire la comparaison avec d’autres bières. On a tous cette mémoire olfactive et parfois elle peut être trompeuse. Il faut donc la hacker pour la développer.

Orgueil et préjugé : ce qui m'empêche d'avancer

Certaines personnes ne chercheront pas à développer leurs papilles. Soit parce qu’elles pensent ne pas recevoir de conseils d’un débutant en matière de bière artisanale. Soit parce que les préjugés sur telle ou telle bière sont plus forts que l’expérience en elle même.

Se forger son propre opinion

Je suis une personne de nature curieuse et si tu es sur mon blog, tu dois l’être également. J’aime me forger mon opinion, ne pas écouter forcément ce que disent les autres . Si on devait écouter les critiques de cinéma, certains films cultes ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui. 

Ce n’est pas parce qu’une personne est experte qu’elle a obligatoirement raison. Attention, je ne dis pas qu’il faut boycotter les experts, je dis simplement qu’avec les conseils d’un expert, il est bien de se faire son propre avis. Chaque personne se forge son opinion en fonction de ses expériences passées, de ses goûts. Le goût d’une personne n’est pas forcément le notre.

J’aime aller acheter ma bière directement dans une cave. Les conseils y sont toujours prodigués avec soin et ils ont généralement une variété de bières intéressante. Ce sont les conseils d’experts que je cherche n’étant que jeune padawan pour développer mon palais et découvrir de nouvelles bières. Un jour, un caviste m’a conseillé une bière fumée. J’avais de gros à priori sur cette dernière, mais j’ai suivi son conseil et l’ai testé…ce n’était pas une réussite pour moi. Cette bière n’était pas faite pour moi, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faudra pas réessayer plus tard. 

Plus nous grandissons, plus nos goûts changent. Quand on a 16 ans, on a rarement tendance à aimer le café et aujourd’hui pratiquement tout mon entourage en boit (je n’y arrive toujours pas pour ma part).

Comme je l’ai déjà dit, il faut donc tester, se tromper et recommencer. Un style de bière que tu n’apprécies pas aujourd’hui aura une possibilité de te plaire demain. Sans avoir essayé, tu ne le sauras pas et passeras peut-être à côté d’un plaisir gustatif.

Petit exercice : acheter un style que l’on n’a jamais goûté

Va chez ton caviste préféré. Parle-lui de ce que tu aimes et demande-lui de te surprendre avec une bière que tu n’as encore jamais goûtée.

Ce risque est limité. Ta bière va te coûter 5€ max et tu auras découvert une nouvelle bière. Peut-être qu’elle fera ton bonheur, peut-être pas, mais au moins tu auras pris la décision de t’aventurer dans l’inconnu.

Un préjugé, deux préjugés, trois y'en aura pas !

Combien de fois j’ai entendu, “j’aime pas ce style de bière !”. J’arrive même plus à compter. On a certains préjugés qui vont nous empêcher d’essayer de nouvelles choses. Par exemple, je n’aime pas le café. J’ai eu beau essayer d’en prendre pour faire le mec sociable pendant les pauses au boulot, je n’y arrive pas (ou alors je ne suis pas sociable tout simplement ?!). Je n’aime pas le goût que cela me laisse en bouche. Un côté grillé et amère qui reste pendant des heures. Et pourtant, j’adore l’amertume des IPA.

Le seul stop que je me suis imposé sont les stout et les porter. Pour parfaire mon idée, je me suis basé sur les caractéristiques gustatives des ces styles. Les arômes de café et de cacao sont présents en bouche, ce qui n’est absolument pas pour moi n’aimant pas le café. C’est un préjugé qui me tient depuis quelques temps et que j’avais du mal à surpasser par peur que le goût ne reste trop longtemps en bouche. Dernièrement j’ai testé un porter, ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais. Ok, l’arôme de café était présent mais il n’était pas gênant comme je le pensais. 

Je peux donc avoir tord !!! Mon monde s’effondre, je pensais tout savoir 🙁

Certaines bières vont être cataloguées comme impropres à notre consommation car les saveurs attendues ne nous correspondent pas. On va entendre “j’aime pas l’amertume”, “j’aime pas l’acidité” et ces personnes vont avoir des préjugés négatifs sur ces bières. Ils ne les testeront pas par eux-mêmes.

Les préjugés positifs nous trompent ?

Il n’y a pas que les préjugés négatifs qui peuvent tromper notre expérience gustative. Les préjugés positifs sont également risqués. Que celui ou celle qui n’a jamais été déçu par une bière lève le doigt !

J’ai tellement entendu que la brasserie Cantillon faisait les meilleures bières du monde pour les amateurs que lorsque j’en ai goûté une pour la première fois j’ai été déçu. Je m’attendais à quelque chose de plus fou, qui ferait se réveiller un mort pour l’apéro.

Je m’étais fait une image de cette bière et le résultat n’était pas à la hauteur de mes attentes. Plus on entend parler d’une brasserie, d’une bière, plus on se fait un opinion pré-dégustation qui a tendance à décevoir (ou pas). Il faut donc se méfier également de l’attente que l’on met dans une bière.

Une zone de confort mobile

Notre zone de confort n’est pas définie à vie. Elle s’agrandit au fur et à mesure que l’on vieillit et des expériences diverses que l’on a réalisées. Plus on prend de l’âge, plus notre expérience s’accroît. C’est un peu ce que les recruteurs cherchent, des jeunes diplômés avec 15 ans d’expériences 😉

Apprends à marcher avant de courir

Il faut être patient pour agrandir sa zone de confort. Il faut gagner certains niveaux avant de passer au suivant. Le plus simple étant de faire des petits pas à chaque fois. Cela permet d’avancer tout en gardant un certain confort. Faire un grand saut est toujours plus risqué qu’un petit pas. Lorsque l’on débute en bière, on va commencer par goûter des styles légers, fruités et au fur et à mesure élargir nos horizons. 

En passant d’une Kriek à directement une IPA, l’écart est beaucoup plus important. On passe d’une bière fruitée, sucrée à une bière fruitée et amère. Il vaut mieux entrer petit à petit dans l’amertume avec des Session Pale Ale, puis une Pale Ale, NEIPA et enfin IPA. Cela permet de découvrir l’amertume pas à pas et ne pas faire le grand écart.

Faire un grand écart permet d’élargir plus rapidement sa zone de confort mais elle permet surtout d’augmenter les risques d’échec. Comme je vous l’ai dit précédemment, lorsque l’on se trompe, on met un certain temps à retenter l’expérience. Cependant pour avancer il faut bien tester, se tromper et recommencer.

Tester, se tromper et recommencer

Ce n’est pas parce que tu as vécu un échec qu’il faut s’arrêter là. Le palais se développe au fur et à mesure. 

Prends un moment pour réfléchir à ce que tu n’aimais pas l’an dernier (style de bière, nourriture…) et qu’aujourd’hui tu apprécies.
C’est bon tu as fait la liste ? Maintenant tu peux te féliciter, parce que ce que tu n’aimais pas hier, aujourd’hui tu l’apprécies et tu as donc élargis ta zone de confort.

Tu as peut-être fait des petits pas, mais au moins tu as essayé d’agrandir ta zone de confort. C’est un peu comme la fable du lièvre et de la tortue. Ce n’est pas parce que tu avances lentement que tu n’avances pas. Il vaut mieux faire des petits pas en continue qu’un unique grand pasCertaines personnes ne chercheront pas à développer ce sens de la curiosité, de la découverte et préféreront rester campées dans leur zone. Toi, tu fais l’effort de la découverte. Ce n’est peut-être pas toujours concluant, mais tu as fait cet effort là.

Ce qu'il faut retenir

  • Se faire plaisir en dégustant sa bière
  • Tester, se tromper et recommencer est la clé
  • Ne pas se fier aux préjugés (négatifs ou positifs)
  • Prendre son temps pour élargir sa zone de confort

Il est maintenant temps d'élargir ta zone de confort. Arrête de camper sur tes positions. La bière parfaite n'existe pas, mais tu peux aimer un grand nombre d'entre elles. Dis-nous en commentaire quelle dernière découverte a ravi tes papilles !

Cet article participe au carnaval d’article présent sur Le Bear Trotter.

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Si ce n’est pas déjà fait, pense à télécharger mon guide “Choisir et accorder sa bière à un plat en un clin d’oeil” pour aller plus loin.
A la prochaine pour un nouvel article et bonnes dégustations !

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