Ramenez la médaille à la maison !
Allez les bières, allez 😀

Qui n'a jamais rêvé que son travail soit un jour récompensé ?
Une médaille, un trophée, un diplôme ?
Ce sont surtout les sportifs qui récoltent après des heures, des années d'entrainement la récompense tant attendue.

La reconnaissance de son travail sort de plus en plus du cadre sportif. Le nombre de concours de bières ne cesse de croître depuis qu'elle est à la mode.
Que ce soit des concours nationaux ou bien internationaux, il y en a pour tous les goûts. La recherche d'une distinction de qualité, d'une reconnaissance par ses pairs de son travail n'a jamais été autant à portée de main.

Est-ce que ces médailles donnent pour autant une légitimité à ces bières ?
J'en suis pas certain !

Concours bière lyon

Chaque année, c’est la déferlante des concours.
Que ce soit dans la gastronomie, le vin ou la bière, aucun secteur n’y coupe.
Et chaque année, les résultats sont attendus par tous comme une reconnaissance du travail réalisé depuis des semaines, des mois voire des années.

Certaines brasseries y voient là un moyen de se démarquer de la concurrence qui se fait de plus en plus importante dans le domaine de la bière. D’autres y voient une façon d’évaluer le parcours réalisé, la progression et la qualité de son travail. Certains peuvent le voir comme un moyen d’accroître rapidement leur chiffre d’affaire.

Chaque participant a sa ou ses raisons qui lui sont propres de participer ou non à ce genre d’événement et je te propose d’en faire le tour.

Comment se déroule un concours de bière ?
Est-ce qu’il y a un réel intérêt à y participer ?
Est-ce que ce genre d’événement brassicole est équilibré ?

On va voir ensemble tout ça.

Un concours... Non, DES concours de bières !

Il n’existe pas un mais bien une multitude de concours.

Dans l’ensemble, les concours de bières se ressemblent. 
La brasserie inscrit une bière dans une catégorie donnée, elle paye et envoie l’échantillon.

Pour ce qui est de la dégustation, chaque catégorie est représentée par une table de dégustateurs (6, 8 voire 10). Les bières sont évaluées de façon anonyme (un numéro leur est attribué) afin d’éviter les jugements sur l’environnement (brasserie, brasseur…) et non sur le produit lui-même.
Chaque dégustateur va tester un nombre de bières qui dépend de la quantité d’échantillons présents dans la catégorie. Le travail de ces derniers est tout d’abord d’évaluer sur une fiche de dégustation l’ensemble des caractéristiques visuelles, organoleptiques ainsi que leur ressentis à propos de la bière dégustée. Enfin, ils doivent noter cette dernière.

Les bières obtenant les meilleurs scores se voient récompensées.

Le système n’est pas compliqué, ce n’est ni plus ni moins qu’une évaluation. Comme ce que font les professeurs chaque jour avec nos examens.

Mais alors, pourquoi certaines brasseries hésitent encore à envoyer des échantillons pour participer ?

Une médaille en or qui coûte de l'argent

Participer à un concours de bières, ça a un coût.

Oui, pour faire évaluer sa bière et peut-être remporter un titre, il faut tout d’abord sortir quelques billets de sa poche. Le tarif de présentation d’un échantillon va varier selon que ce soit un concours national ou international.

Les prix vont de quelques dizaines d’euros à plusieurs centaines d’euros.
Ce peut être un investissement important pour certaines brasseries.

Les concours de bières en France

Les concours de bières français se sont développés ces dernières années avec l’avènement de la bière artisanale.
Fini la dominance du vin et bonjour la culture du houblon 🙂

Ce genre de compétition contribue à redonner une image positive de la bière auprès du grand public, qui a longtemps été délaissée par le consommateur ou uniquement consommée via les industriels du secteur. Les concours prouvent qu’il y a un savoir-faire brassicole et qu’il est en pleine mutation. Fini les bières insipides que l’on consomme devant son match de foot, la production s’oriente vers des produits de qualité.

Voici un tableau récapitulant les concours français les plus importants :

Concours

Tarifs

Informations

  • 20€ le 1er échantillon et 12€ les suivants
  • 19 catégories. 
    Pas de limite d’échantillon
  • 37€ HT / produit
  • 69 catégories.
    Pas de limite d’échantillon
  • Frais de dossier : 101€ HT ou 40€ HT si CA<450 000€
    107€ / échantillon
  • Une dizaine de catégories.
    Pas de limite d’échantillon
  • 100€ TTC avant 1er Janvier et 110€ TTC après / échantillon
  • 35 catégories réparties en 8 groupes.
    Pas de limite d’échantillon

Les concours de bières à l'international

Avant que les concours en France se développent,  certains existaient déjà depuis quelques années à l’international.
Telle la SNCF, la France est toujours en retard sur les grandes tendances, mais elle apprend à le rattraper 😉

Voici donc un récapitulatif des concours les connus à l’international :

Je n’ai pas cité l’ensemble des concours, mais seulement ceux que je vois le plus souvent sur les bouteilles que j’ai pu déguster. Il en existe encore d’autres qui ont plus ou moins d’intérêts pour les brasseries, mais ces derniers sont les principaux.

Concours

Tarifs

Informations

  • 165€ TTC avant 1er Septembre et 175€ TTC après / échantillon
  • 86 catégories réparties en 8 groupes.
    Pas de limite d’échantillon
  • 168£ / échantillon
  • 34 catégories réparties en 9 groupes.
    Se déroule tous les 2 ans.
    Pas de limite d’échantillon
  • 252€ HT / échantillon (prix dégressif si plusieurs échantillons)
  • 2 grands thèmes : goût ou design
    92 catégories réparties en 9 groupes pour le goût.
    Pas de limite d’échantillon

Quelques bières françaises tirent leur épingle du jeu et réussissent à obtenir des distinctions internationales pour le travail fourni.
La brasserie du Mont-Blanc fait partie de ces vainqueurs. Elle a notamment décroché l’or au World Beer Awards pour sa Blanche du Mont-Blanc dans la catégorie Witbier Belge. Est-ce qu’il en aurait été de même s’ils avaient présenté leur blanche une autre année ?

Le fait de devoir payer une contribution pour participer limite donc le nombre de participants. C’est une première sélection : celle du portefeuille !

Du fourre-tout ou du spécifique ?

Le choix de la catégorie est également l’un des enjeux pour une brasserie dans un concours. Il est donc capital de faire le bon choix pour espérer avoir un résultat positif.

choix catégorie bière

Plus il y en a, mieux c'est ?

On dit souvent que plus il y a de choix plus c’est long de choisir. 

Lorsque tu te retrouves devant un buffet avec de nombreux plats différents, tu ne sais pas lequel choisir. Tu testes un peu de tout. Alors que, lorsque tu es dans un restaurant où sur le menu tu as 4 entrées, 4 plats, 4 desserts, ton choix sera plus simple.

La bière est la boisson alcoolisée possédant la plus grande palette gustative.
On peut tout aussi bien y retrouver des notes fruitées, caramélisées, fleuries…
On ne peut donc pas restreindre un concours à seulement quelques catégories dîtes fourre-tout (bière houblonnées, bière brune…). Il est préférable d’avoir moins de catégories mais plus spécifiques. Comme ce que l’on retrouve dans le “France Bière Challenge” (voir les catégories). Il y a une distinction faite entre les styles.

Je pense que pour qu’un concours de bières soit réellement représentatif, il faut effectivement une quantité de catégories suffisantes, mais surtout spécifiques.

Prenons l’exemple du concours “Le Fourquet”.
Ils proposent une catégorie “Bière acide”. Ce genre de bière est à la mode.
Se focaliser sur une caractéristique de la bière est intéressant, seul problème: il y a énormément de styles qui peuvent rentrer dedans. Une Berliner Weisse (style allemand, notes d’agrumes et de citron) peut se retrouver en concurrence avec une Gueuze (style traditionnel belge, notes de pomme/poire). Ce sont alors deux bières complètement différentes que l’on compare.
Pour moi, c’est comme si les œnologues comparaient deux vins tanniques entre eux pour les décorer. Ils ont peut-être quelque chose en commun, mais leur cépage, terrain, climat, ne sont pas les mêmes. 

En tant que consommateur, tu peux le faire. Lors d’un concours, je trouve que cela n’est pas représentatif.

Miser sur le bon cheval

Une bière ne peut concourir que dans une seule catégorie.

Si la brasserie produit une bière acide avec une purée de fruits, est-ce qu’il vaut mieux la classer dans la catégorie “bière aux fruits” ou bien dans celle des “bières acides” ?
C’est à ce moment là que commence le
casse-tête pour le brasseur. 

Il faut qu’il se demande : Quelle récompense sera-t-il le plus susceptible d’obtenir ?
Parce que soyons honnête, si l’on concoure c’est pour gagner 😉

C’est un peu le même principe que les catégories dans la boxe.
Imaginons qu’un boxeur fasse 79,5 kg. Est-ce qu’il va vouloir perdre un peu de poids pour entrer dans la catégorie des poids mi-lourds ou vouloir se maintenir à son poids actuel et être ainsi dans la catégorie lourds-légers ?

Pour déterminer la catégorie dans laquelle placer sa bière, il peut se référer à l’historique des récompenses. La plupart des concours ont un historique des récompenses précédentes assez fourni. Il suffit au brasseur de tester quelques bières primées dans la catégorie souhaitée pour essayer de comprendre ce qui l’attend.
C’est un peu une évaluation de la concurrence précédente 😉

L’une des inconnues à l’équation est aussi le nombre de bières participantes dans la catégorie.

La légitimité des résultats

Face à cette effervescence de concours, on peut se poser la question de la crédibilité de ces derniers, mais surtout de la légitimité des résultats.

La concurrence détermine le résultat

Face à combien de bières concurrentes sera la mienne ?

Le nombre de concurrents est inconnu au moment de participer à un concours. Il peut aussi bien y en avoir 15 que seulement 6 (certains mettent un nombre de participants minimum pour que la catégorie soit validée).
C’est la variable qui aura le plus gros impact sur les résultats.
Il est toujours plus facile de finir dans le top 3 quand il n’y a que 6 concurrents plutôt que 12. Je ne suis pas très matheux, mais les statistiques sont formelles 😉

C’est un peu comme ce papy qui fait du vélo à plus de 100 ans. Il est facile pour lui de gagner étant donné qu’il n’y a personne en face de lui.
Quand j’étais gamin, je faisais un peu de natation en compétition. J’ai fini champion départemental en 100m nage libre…en même temps je n’avais que 3 personnes face à moi dans ma catégorie. C’est ce qu’on appelle une sacrée victoire :p

Du coup, lorsque l’on gagne contre seulement 5 concurrents, est-ce que l’on est légitime ? Est-ce que l’on sort réellement du lot ?
Je ne pense pas, mais étant donné que pour participer il faut payer, la pré-sélection est faite. Ce qui limite le nombre de participants. C’est un peu comme les études réalisée sur 100 personnes. Est-ce que c’est réellement représentatif d’une tendance ?
Avoir trop de participants peut être aussi un problème pour l’organisation, mais les résultats seraient plus représentatifs.

Il serait intéressant de connaître pour chaque catégorie, le nombre de participants pour avoir une idée plus juste de la récompense obtenue.

Des palais mis à rude épreuve

1 verre, puis 2…puis 8…

Les dégustateurs sont en général des brasseurs, cavistes ou encore des amateurs ayant suivis des cours de dégustation. La dégustation se fait le matin à la fraîche car le palais est plus sensible aux saveurs.

Chaque testeur a ses propres goûts, ses propres tolérances. Les notations seront différentes quoiqu’il arrive, mais la moyenne va permettre d’avoir une vision plus juste des résultats.
En faisant la moyenne, cela évite les biais que l’on peut avoir lors des examens du bac (surtout dans les matières littéraires). Le fait d’être plus ou moins sensible à ce que la personne a réalisé. Si l’examinateur était différent, le résultat ne serait pas le même.
Après si tu racontes de la merde, on peut rien faire pour toi 😉

La moyenne permet donc d’uniformiser les résultats pour avoir quelque chose plus proche de la réalité.

Par contre, le nombre de dégustations va avoir un impact sur la dégustation d’une bière unique.
Plus il y a de concurrents dans une catégorie, plus le testeur va devoir déguster. Lorsque l’on déguste une 1ère bière, on est sensible a une palette importante d’arômes. Le 2ème verre, toujours. Mais alors quand vient le 9ème, tu penses que tu as la même sensibilité ?

Perso, pendant les festivals, au bout du 8ème verre, mes sens sont moins en exergues. Alors au bout du 15ème je te raconte pas…Ah attends faut que j’aille aux toilettes :p

Même si ce sont des personnes aguerries à la dégustation, le palais se désensibilise.
C’est humain et la limite est différente selon chacun.
Donc l’ordre de dégustation va avoir un impact direct sur les résultats. On sera toujours plus sensible aux 1ers verres et plus à l’aise aux derniers.

Le risque du choix par défaut

Après la quantité, voici la qualité !

Imagine que dans une catégorie, l’ensemble des bières soient passables et qu’aucune ne se démarque. 
Qu’est-ce qu’il faut faire ?
On annule la dégustation ?
Ou alors on décerne tout de même les prix et tant pis si les récompenses sont attribuées à un cru moyen ?

C’est un peu ce qui se passe dans ta scolarité.
Tu as des bons, des moyens et ceux qui sont 5ème dan en glandage.
Maintenant, si la moyenne de ta classe est de 11 et que tu es 3ème de ta classe avec 12,5. Selon toi tu es au-dessus de la masse? Tu mérites ta distinction. Sauf que le 1er de la classe a 16,5 de moyenne.
Tu es donc plutôt le haut du panier de la moyenne globale.

Là est le problème !
Les résultats ne sont pas mis en concordance avec l’environnement global.
Le consommateur, toi, moi, ne connaissons uniquement les résultats. Donc si l’ensemble de la dégustation n’est pas exceptionnelle, alors les récompenses sont décernées pour des produits dans la moyenne haute.

Et inversement.
Si la dégustation a fait émerger des pépites, mais que la concurrence est rude. Les résultats se font au coude à coude. Et dans tous les cas il n’y a que 3 places. Arriver 4ème à 0,01 point du 3ème c’est rageant.

Le fait de mettre les résultats dans son environnement global permet au consommateur de mieux s’y retrouver. Et pour le brasseur, cela lui permet aussi d’avoir son positionnement et les retours de ses pairs.

Gagner une médaille est un tremplin pour la brasserie mais c’est avant tout un moyen de marketing et de communication fort.

Le marketing de la médaille

Tu l’auras compris, décorer sa bière d’une médaille coûte une petite somme.

Vouloir participer à ce genre d’événement oblige à faire une sélection par le portefeuille.
Investir ou participer à un concours ?

Imaginons qu’une brasserie produise 6 références et qu’elle souhaite en proposer 3 à 2 concours français. Si elle décide de présenter ses bières au Concours Général Agricole ainsi qu’au France Bière Challenge, elle devra débourser :

  • Concours Général Agricol : 1×40€ (parce que je ne fais pas 450 000€ de chiffre d’affaire) + 3×110€ (parce que je me réveille en retard pour le concours) soit un total de 370€ uniquement pour la présentation. Ensuite il faut ajouter les frais de livraison et le prix de revient du produit. On va arrondir à 410€
  • France Bière Challenge : 3×110€ soit 330€. On rajoute l’envoi et les produits soit 360€
Au total, ma petite brasserie vient de sortir 770€ sans même savoir si cela sera payant.
Certes ça ne parait pas grand chose, mais pour une brasserie artisanale c’est déjà un petit budget marketing.

La loi du plus riche

Toutes les brasseries n’ont pas un budget marketing initialement prévu.
La dépense demandée pour participer à un concours n’est pas encore trop élevée mais c
‘est tout de même un investissement pour certaines brasseries. 
La plupart des microbrasseries travaillent de façon locale et font leur publicité grâce au bouche à oreille.

Alors lorsqu’un concours de bière se présente et qu’il faut débourser une centaine d’euros pour envoyer un échantillon, on peut tout à fait y réfléchir à deux fois.

Certaines brasseries enchaînent les concours et proposent plusieurs échantillons à la dégustation afin de récolter une pluie de médailles.
Je pense notamment à Une Petite Mousse qui cumule les récompenses depuis l’ouverture de leur brasserie, la Brasserie du Mont-Blanc ou encore de la Brasserie Ninkasi.

Le fait de devoir payer sa participation va donc nécessairement faire un tri par le portefeuille. Les entreprises n’ayant pas prévu de budget pour participer à ce genre d’événement n’auront d’autre choix que de passer leur tour.

L’état du portefeuille est donc plus déterminant que la qualité du produit en lui-même ?
Oui et non.
Les brasseries y participent parce qu’elles ont les moyens financiers de le faire. Cela ne veut pas dire pour autant que la qualité n’est pas au rendez-vous, mais que des produits qualitatifs n’ayant pas le budget ne pourront pas rivaliser.

Alors, est-ce que cet investissement en vaut réellement la peine ?
Est-ce qu’il y a un retour financier ?

Un coup de pouce

A quoi se fie-t-on lorsqu’on y connait rien ?
“Si elle a reçu une médaille d’or c’est qu’elle doit être bonne”

Lorsque je n’y connaissais encore rien à la bière, je me fiais surtout à l’étiquette et au marketing. J’ai acheté pas mal de blanche du Mont-Blanc parce qu’elle avait son étiquette “Gold World Beer Awards 2015″…Mais plus aujourd’hui.

Le fait de gagner une médaille est un sacré coup marketing.

Sur les réseaux sociaux, lors des résultats, tu es sûr de voir passer un post disant “Notre bière est médaillée d’or…”.
Ils ont raison de communiquer sur leur récompense. Pourquoi ne pas profiter de cette publicité qui montre que leur produit est meilleur que les autres ?

Pour le grand public une récompense est un argument commercial
C’est un peu comme tous les produits “élu produit de l’année…”
Si je n’y connais rien ou peu, je vais me réfugier dans quelque chose qui me rassure. Le fait que cette bière soit la “meilleure bière de France” va m’aider à prendre ma décision. On a toujours besoin de se rassurer. On veut que ce que l’on achète ne soit pas de la m***e. Alors, si elle est médaillée c’est que c’est bon (ce n’est pas moi qui le dit c’est la médaille).

Donc après l’investissement vient le retour sur investissement

Un produit primé sera plus vendu qu’un autre parce qu’il sera reconnu comme meilleur et on cherche toujours le meilleur.
On pourrait faire le test en mettant 4 bières du même style mais de brasseries différentes. Une bière médaillée et les 3 autres non. Je suis convaincu que la majorité se dirigera vers celle primée.

Obtenir une récompense, communiquer dessus va permettre à la brasserie d’accroître ses ventes.

Réaliser un concours nécessite une organisation aux petits oignons. Un événement de ce genre demande certaines dépenses qui sont financées par des subventions, des partenariats ou encore la participation financière des brasseries.
Pour gagner potentiellement une médaille, il faut donc que les brasseurs payent. Ce qui peut être un frein pour les brasseries n'ayant pas nécessairement le budget.
C'est une sélection par le porte-feuille.

Mais promouvoir le savoir-faire brassicole via ces concours permet de rassurer le consommateur lambda.
Lorsqu'on est un peu perdu, on cherche un produit refuge et quoi de mieux qu'une médaille pour se rassurer de la qualité ?
Et oui, une récompense est un moyen de doper ses ventes. C'est également un moyen marketing et publicitaire de se différencier de la concurrence de plus en plus importante.

Le problème est que lorsque les résultats tombent, on ne connait que les primés.
Dans un souci de transparence, il serait bien d'indiquer les participants ainsi que les notes obtenues afin d'avoir une vision globale des résultats.

Dans tous les cas, l'obtention d'une médaille ne veut pas dire que cette bière te conviendra. Tes goûts te sont propres, alors il n'y a qu'une chose à faire c'est tester par toi-même.
Une bière primée n'est pas un gage de qualité et une non primée de non qualité.
Le prix a été décerné à un moment donné face à des concurrents précis et dégusté par un jury spécifique. Il suffit de changer une variable pour faire basculer les résultats (comme dans tous concours).
Les résultats ne représentent pas ce qui se fait dans le monde de la bière. Ils ne représentent qu'un petit échantillon de ce qui se fait.

Alors ne regarde pas les médailles et fais toi ton opinion !

Ce qu'il faut retenir

  • Les brasseries payent pour participer
  • Une bière ne peut concourir que dans une seule catégorie
  • L'intensité de la concurrence varie selon les catégories
  • Les résultats manquent de transparence
  • Gagner une médaille est un moyen marketing et de communication
  • Tester par soi-même plutôt que de suivre les récompenses

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Si ce n’est pas déjà fait, pense à télécharger mon guide “Choisir et accorder sa bière à un plat en un clin d’oeil” pour aller plus loin.
A la prochaine pour un nouvel article et bonnes dégustations !

Cet article a 4 commentaires

  1. Hello Damien,
    Merci pour ce petit rappel… En effet, les concours de bières n’échappent pas à la règle. Et tous les concours ont des revers, n’est-ce pas tout simplement le concept de “concours” qui pose problème?
    Merci pour cet article, en tout cas, j’y ai appris quelques bonnes informations, notamment sur les coûts de participations qui passent du simple au double… A très bientôt 😉

    1. Salut Aurélie,
      Merci pour ton commentaire. Et oui les frais d’inscriptions passent du simple au double, tout dépend de la “renommée” de ce concours.
      Perso je serai plus partant pour un concours fait par le consommateur directement, un peu comme les applis de notation des bières.
      Bonne journée

  2. Hello Damien.
    Très intéressant ton article.
    La semaine dernière j’ai goûté une bière avec deux médailles. Bronze et argent à un concours local.
    Vraiment pas top. La médaille ne fait effectivement pas la qualité 😉
    Je ne me souviens plus du nom de la bière par contre…
    à plus !
    Olivier

    1. Merci Olivier pour ton commentaire.
      Et oui, certaines brasseries font la course aux médailles mais cela ne veut rien dire sur la qualité réelle de la bière.
      Bonne journée

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